Tout à commencé au mois d'août 2008, où j'étais désireux de créer quelque chose qui serait différent de mes travaux habituels, adoptant ce style frisant avec l'étrange et le tourment, pour une fois je voulais faire quelque chose qui correspondrait à ma vision de ce que pourrait-être le "beau". Parallèlement à cela j'envisageais de me faire une belle couverture d'agenda, j'ai alors dessiné cette femme, ces arabesques et ce papillon, le tout sur un fond tout blanc, et quand j'ai aperçu le résultat (au crayon de papier) j'ai pensé que si jamais j'voulais l'afficher un fond blanc serait peut-être trop austère, que l'illustration apparaitrait alors bien trop vide; dès lors il était évident qu'il fallait imaginer tout un paysage autour de ces éléments. A ce moment là j'avoue, je ne savais pas du tout dans quelle galère je me lançais, mais ce qui était sur c'est que je fonçais droit dedans.
Mais qu'est-ce qui pourrait accompagner cette femme et ce papillon pour que le tout me paraisse "beau" ? Une forêt, une forêt remplie de centaine de feuilles, de fleurs, de détails à profusion, une forêt où la lumière s'immiscerait à travers les feuillages, illuminant ainsi grâce à quelques rayons de soleil le centre de la scène. Les arabesques dessinées au départ seraient, elles, auteurs d'un dynamisme, d'un mouvement suggérant l'effet du vent, venant faire tourbillonné les pétales de fleurs tombant au sol. Le dessin que je faisais prenait alors vie devant mes yeux et dans mon imaginaire, véhiculant au passage tout un tas de thématiques mise en place plus ou moins consciemment.
Le long cheminement de cette production fut bercé par des musiques, ayant très probablement influencé la tournure qu'elle a prise au fur et à mesure... Des mois se sont écoulés sans que je n'y touche, et parfois une pulsion me faisait retourné à ma création, la faisant avancer lentement, jamais je n'ai souhaité le finir "à l'arrache" dans ma tête ce dessin était particulier, et je passerais le temps qu'il faudrait dessus. Et là dessus j'n'ai pas plier, même si après des heures de travail le résultat n'était pas flagrant je prenais mon mal en patience, si il fallait passer 10h sur une zone de terre alors je passais 10h dessus. Tout le monde le sait la perfection n'est pas de notre monde, mais au fil d'une réalisation ce qui est important c'est de toujours viser plus haut en vue de viser cette dite perfection, et seulement en vue, car l'atteindre est tout bonnement impossible, est fou celui qui pense pouvoir atteindre..
Aujourd'hui, Lundi 26 Octobre 2009 à 2h22 après X heures j'ai dû faire le choix de le dater et de le signer pour ainsi l'achever, cela m'est paru comme une évidence, le continuer ne rimerait qu'à un acharnement, car jamais je n'en aurais été pleinement satisfait, et techniquement parlant la feuille commençait sérieusement à souffrir, de ce fait il était nécessaire, comme je l'avais dis sur un précédent article, de savoir lâcher prise.
Ce dessin aura été mon compagnon de route qui m'aura accompagner pendant près de 1 an et 3 mois, avec une telle durée je peux affirmer qu'il représente une bribe, certes infime, de ma vie, c'est la raison pour laquelle il m'est d'autant plus important.. Produire une oeuvre d'art, c'est accoucher d'une entité qui était en nous, suite à une période de gestation plus ou moins longue; et telle la mère et son enfant il est inévitable qu'un jour celle-ci arrive à maturité et se détachant de son auteur, visant l'inconnu doit alors prendre son envol.
La scène prend lieu à la rosé du matin, le levé du soleil témoigne de la naissance d'une nouvelle journée qui sera unique. On y distingue trois sortes de vie différentes que sont les végétaux, le papillon en tant qu'animal et la femme. La nature, mère de ces différentes espèces, les anime à l'aube du jour, ici nous avons en quelques sorte une personnification de la nature, via la représentation de cette femme qui d'un seul geste de la main libère ce papillon, prenant son envol. Elle donne naissance à un nouvel être; le lien entre la femme et la nature apparait donc comme évident, le sexe féminin étant le sexe mettant l'embryon porté au monde, celui donnant la vie. La thématique de la vie dans ce dessin est très importante, elle y est représentée au travers d'une végétation des plus luxuriantes, d'où le choix d'une forêt comme cadre de la scène.
J'ai tenté de retranscrire l'idée que la vie n'est pas quelque chose que l'on peut contenir, et qui bien au contraire est quelque chose qui nous échappe, nous dépasse, les arabesques suivant le papillon, et libérées par la main de la femme donne cette idée de flux insaisissables en perpétuel mouvement, et complètement aléatoires. D'autre part la végétation pousse de partout, elle ne demande qu'à s'étendre tant qu'en surface qu'en hauteur, on ne pourra jamais l'effacer de manière absolue, l'éradication ne sera que partielle, parce que celle-ci finira par reprendre le dessus quoi qu'il arrive.
La vie devient donc un concept dépassant tout bon entendeur, et se confond ainsi à l'imaginaire; le style de ce dessin bien qu'au premier abord semblant vouloir tendre vers le réalisme est rempli de choses totalement irréalistes, voyez plutôt les dimensions du papillons, des fleurs, des champignons ou même de la femme, les couleurs de la brume, les arabesques suggérant le vent, ou même des ailes de fée sur la jeune fille tout est disproportionné, faisant donc passer ce qui aurait été dit réalistes en quelque chose de complètement irréaliste voir même fantastique.
Vous l'aurez compris, ce dessin n'est quelque part que la représentation de lui même et de ce qu'il représente à mes yeux, ainsi le cercle est complet, et comme on le dit si souvent..
J'ai choisi de le nommer:
Naissance de la Vie et de l'Imaginaire.








